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Lorsque nous lançons des programmes
dans une nouvelle région et demandons aux gens quelles sont leur
priorités, l'accès au capital est une des priorités
majeures. Que peut faire un paysan sans semences, un pêcheur sans
filet, une éleveuse sans argent pour acheter des porcelets ou de
la volaille dont elle tirera un revenu par la suite ? Dans le passé
c'était un très grave problème. Aujourd'hui le crédit
bancaire est devenu facile et nous réduisons le programme. Nous
encorageons maintenant plus que jamais l'épargne et l'entraide,
alors que le surendettement bancaire est devenu problématique.
Les actions développées concernent tant l'épargne
que le soutien à l'emploi, dans l'agriculture, l'élevage,
l'artisanat ou autre (voir : programme économique
: autres projets).
Pour autant, la micro finance reste une
de nos activités importantes, le programme ne doit pas être
arrêté brutalement. Voici donc sur quelles bases il a été
lancé, et l'expérience d'une dizaine d'années au
Viêtnam.
L'épargne-crédit
: accès au capital
"Il faut faire confiance aux pauvres et dans leur
envie de s'en sortir" - disait souvent Muhamad YUNUS, le fondateur
de la Grameen Bank, la banque destinée aux pauvres du Bangladesh
(www.grameen.org).
Objectif
accès au crédit pour des prêts individuels |
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L'objectif de l'épargne-crédit était
de proposer un complément ou une alternative satisfaisante
aux populations pour qui le crédit bancaire était
difficile ou inaccessible. Elles empruntaient alors auprès
des usuriers, à des taux de 60 à 500% par an. Il y
a 5 ans, c'était le lot de la majorité au Vietnam.
A présent sans doute moins de 20% sont dans ce cas. |
Etape 1
Constitution des groupes solidaires |
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Sur l'invitation du programme, les femmes se constituent
en groupes de cinq à six femmes selon affinité,
chaque groupe se réunissant obligatoirement toutes les semaines.
Il choisit dès l'origine une responsable de groupe.
Cinq à six groupes, soient une trentaine de femmes, forment
une caisse avec désignation d'une responsable de caisse.
Des coordinatrices villageoises suivent chacune entre 100 et 350
femmes. Des cadres crédit suivent chacun ou chacune plusieurs
coordinatrices villageoises. Les coordinatrices villageoises et
cadres de crédit sont rémunérés par
le programme. Petit à petit, grâce aux intérêts
sur les prêts, le programme doit couvrir toutes les dépenses.
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Etape 2
Formation à la tenue des comptes
Constitution du fonds d'épargne |
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Une formation initiale à la tenue des comptes, gestion
et suivi des fonds est dispensée à toutes les femmes
du projet. La formation est plus poussée pour les responsables
de groupes, caisses, et pour les coordinatrices villageoises.
Les membres du groupe décident librement d'un montant d'épargne
hebdomadaire, en général 0,22 - 0,37 € par semaine.
Les épargnes sont versées à un fonds d'épargne
propre à chaque groupe et géré par le groupe.
L'engagement de son propre argent sous forme d'épargne,
la gestion en commun, les rencontres régulières pour
discuter des problèmes renforcent les liens et le sentiment
de responsabilité de chaque membre.
L'épargne continue en permanence. |
Etape 3
Allocation des prêts |
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Après deux à trois mois d'épargne,
le programme accorde des crédits aux membres.
Le taux d'intérêt sert à couvrir tous
les frais ou risques :
- rémunération des salariés du programme
- fonctionnement des groupes : formation permanente des membres,
fournitures, etc...
- inflation ou le coût du capital
- risque de non-remboursement (normalement inférieur à
2%)
Plus d'information sur le taux
d'intérêt : durabilité du programme de microfinance
Les groupes s'engagent solidairement à rembourser crédit
et intérêt, de sorte que si une femme ne peut rembourser,
les autres membres du groupe l'aident à le faire. Cet engagement
est facile lorsque tout va bien et que les défaillances sont
rares et temporaires. Quand elles se multiplient et que les sommes
à couvrir par les autres membres sont importantes, la solidarité
peut jouer dans le sens inverse!
"Si elle ne rembourse pas, nous devrons le faire à
sa place... Je ne suis pas très sûre que tout le monde
dans le groupe sera d'accord... Dans ce cas, notre groupe n'aura
plus accès à de nouveaux prêts! Hum!, pour le
moment soyons prudente!, je rembourserai ma dette un peu plus tard,
voyons ce que font les autres!"
Les prêts et remboursements (en dongs
et en €)

(taux de conversion de juin 2003 : 1 € = 16.600 dongs)
Ce sont des plans de remboursement typiques. Les femmes peuvent
en fait choisir de rembourser plus ou moins vite selon leur capacité.
La période de remboursement maximale est cependant de 50
semaines. |
| Dans la pratique |
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Les membres d'un groupe ont donc accès au fonds de crédit,
et au fonds d'épargne. Pour ce dernier, les montants, les
modalités de remboursement et le taux d'intérêt sont
gérés par le groupe. Ils sont en général
remboursés en une fois.
Dans certains cas, ceci a posé problème. A l'échéance
du paiement, certaines femmes se retrouvent incapables de rembourser
d'un seul coup. La tendance est alors d'emprunter une nouvelle fois,
un montant supérieur pour couvrir. Les autres membres du
groupe voient que le fonds d'épargne devient en fait virtuel
et chacun emprunte de peur de perdre sa part.
Pour y remédier, des dépôts doivent être faits régulièrement
sur le compte du programme, et sont ajoutés au capital qui
sert aux crédits. Ces dépôts garantissent ainsi que
le fonds d'épargne ne disparaît pas ; les dépôts
sont aussi rémunérés à 10% l'an.
En pratique, il reste toujours une somme suffisante, gérée
par le groupe, pour faire face aux petits emprunts et aux urgences.
La capacité de remboursement d'une famille dépasse
rarement 2 € par semaine en raison de la grande pauvreté
et du manque de travail en certaines saisons. Ce programme a été
un franc succès avec jusqu'à 6300 femmes membres.
Ce chiffre baisse maintenant progressivement . |
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