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Une décharge sauvage
parmi des milliers 
Les écoliers ramassent les déchets pour le recyclage
Fier de sa plantation! |
Les ventes de notre compost explosent : 30 tonnes en 2008, 60 en 2009, et avec déjà 85 en 2010, la production ne suit pas !
Thân, directeur du programme :
«Dans le bus l’autre jour j’ai bavardé avec un paysan. Il a une plantation d’hévéas (pour le caoutchouc) ; son voisin a utilisé le compost et le résultat est fantastique. Du coup il en veut aussi. La bouse de vache est un bon engrais, mais elle se vend plus cher que notre compost.»
C’est gagné mais quelle longue bataille. Il y a 8 ans déjà, les autorités nous ont demandé d’examiner la question des déchets. Le Vietnam se modernise et les déchets plastiques et autres s’accumulent : décharges sauvages, gaz toxiques etc.
Après quelques mois premier succès : nous gagnons un concours pour les innovations, par la Banque Mondiale. Techniquement gagné mais il restait encore beaucoup de chemin à faire pour que le projet soit viable. Nous sommes obsédés par les coûts : pour que ce soit viable il faut que cela ne coûte que quelques dizaines de milliers d’euros d’investissement et qu’ensuite les frais soient couverts par les ventes de compost.
Paradoxalement c’est plus difficile dans les campagnes : nous apprenons aux paysans à faire du compost, alors ils jettent peu de déchets organiques, ils les utilisent pour leur compost ! On se retrouve donc, pour le recyclage, avec une proportion de déchets organiques très faible, au contraire des décharges urbaines –moins de 50% contre 80% en ville.
En plus, depuis des années, nous apprenons aux écoliers à récolter les déchets plastiques pour le recyclage : chaque année ils ramassent ainsi une centaine de tonnes de déchets plastiques, ceux qui peuvent être vendus à bon prix (les blancs ou transparents). Restent les déchets sans valeur.
Bref ! Nous nous retrouvons avec peu de déchets organiques, mais par contre beaucoup de déchets inutilisables ! Une mission d’experts visitant le projet s’est découragée : enfouissez tout, c’est infaisable ! Pour paraphraser Mark Twain : Nous ne savions pas que c’était impossible, alors nous l’avons fait (quand même) !
Une dizaine de fois nous avons voulu abandonner ce projet, mais aujourd’hui cela semble gagné. Nous produisons un compost bon marché, celui que les paysans sont prêts à payer : 9 centimes €/kilo. Grâce aux formations de nos agronomes via les groupements paysans, les ventes explosent.
Bernard KERVYN avec NGUYEN VAN Thân et son équipe,
le 14/9/10. |