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Une autre famille parmi... trop d'autres
L’alcoolisme touche sans
doute les 2/3 des hommes et au moins 10% des ménages souffrent
de violences. C’est un énorme problème au Vietnam (moindre au
Cambodge). Si on compte bien tous les coûts (et les
coups !), de l’achat d’alcool, aux dégâts causés à la
ferme, à la perte de capacité de travail… on arrive à un
multiple des revenus totaux d’un ménage pauvre ! Ceux qui
s’en sortaient tout juste, plongent alors vers la
catastrophe.

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Parleriez-vous de l’alcoolisme de votre mari
à un vétérinaire? Non, c’est pourquoi Mékong Plus croit si
fort à une approche globale avec des équipes
multidisciplinaires. Et avant de s’occuper des cochons, les
équipes s’intéressent aux personnes ! Avant d’agir:
écouter et patience. C’est la clé d’une action efficace, basée
sur la participation de tous.
N. ne voulait pas en parler d’abord et
aujourd’hui encore elle insiste pour ne pas être citée ni
prise en photo. Mariée à 19 ans, elle a 2 enfants de 19 et 17
ans. Les 12 premières années furent sans histoire. Puis son
mari a perdu la tête à cause de la mort de son frère. Il a
commencé à boire, tous les jours, et souvent il battait femme
et enfants, jusqu’au milieu de la nuit. Les voisins n’osaient
pas intervenir, alors la mère et les enfants dormaient dans la
porcherie. Les enfants ont quitté l’école, les revenus du
ménage étant tombés à 14 €/mois ! « C’est de ma
faute, dit Nguyêt, je n’ai pas pu l’empêcher de
boire ! » Mékong Plus a un plan avec elle : un
microcrédit pour élever plus de cochons. Mais il faudra plus
qu’un vétérinaire pour qu’elle s’en sorte.
La famille de Madame Hai n’a que 3000 m2 de
cultures et vit surtout de travail journalier sur d’autres
fermes. Dang, le mari, buvait, sans doute aussi de désespoir
de s’en sortir un jour. Hai a rencontré Phú, membre l’équipe
de Mékong Plus sur place, et on lui a appris à faire des galettes
qu’elle peut vendre sur le marché. Phú lui a aussi fait un
microcrédit de 40 €. Ses galettes furent de suite un grand
succès. Dang fut bien content, et prit pitié de sa femme qui
se démenait tant. Petit à petit il a commencé à lui donner un
coup de main, et avec un vieux vélo alla les livrer à droite
et à gauche. Cela fit bien plaisir au village, qui voyait Dang
sobre enfin ! Encouragés, Hai et Dang ont commencé à
élever des cochons, puis à prendre une nouvelle terre pour y
faire du riz.
La famille a relevé la tête aujourd’hui. Les
enfants sont à l’école, les revenus ont bien augmenté, et plus
de grosses pertes à cause de l’alcool !
Quyên, Trinh et Bernard KERVYN,
22/03/2010 |