Viêt Nam Plus travaille dans le delta du Mékong : les plus pauvres vivent souvent dans des villages isolés : acheter quoique ce soit coûte plus cher, et on vend les récoltes avec une décote à cause des problèmes de transport. Un des premiers souhaits de la population : des chemins bétonnés (pour les pluies) et de petits ponts. Là où passent les mobylettes, le développement est comme débloqué. Viêt Nam Plus couvre un quart des coûts, la population le reste. Chaque année une douzaine de kilomètres de chemins et autant de ponts sont réalisés.
Tâm, petit paysan de Long My : « Pour vendre mon riz, je n’avais pas vraiment le choix: d’abord dans notre petite barque, puis 4 km plus loin vendre au grossiste. A son prix, et moins ma récolte était bonne, plus il faisait pression à la baisse, sachant que je n’avais pas d’autre option. Où encore pouvais-je aller avec ma barque ? Maintenant, avec notre chemin bétonné, je peux négocier : quand nous avons fait le chemin, pour rehausser le niveau du chemin nous avons creusé le petit canal, il laisse maintenant passer les plus grosses barges, et les grossistes défilent. J’ai aussi l’option de vendre à ceux qui viennent avec de petits triporteurs, c’est encore moins cher que le bateau.
Bernard : « Si on compte sur l’année, ça fait combien de plus pour le riz?
Suit une longue discussion, car les petits paysans ne maîtrisent pas les calculs… Finalement on arrive à un gain de 55 euros, par rapport au prix précédent de 746, soit +7%. Mais par rapport au bénéfice normal sur le riz, cela fait un gain de 25% !
Un voisin : « Tu oublies tes cochons ! » Eclats de rire dans la masure !
Tâm : « Je crois que pour chaque kilo je perdais 2-3000 dôngs (10-15 centimes). Heu, sur un an ça fait… »
Tout le monde calcule tout haut en se donnant du coude et en se corrigeant les uns les autres. Conclusion : sur les cochons il perdait environ 50 euros par an, un tiers de son bénéfice moyen.
Une vieille dame intervient : « Avec le chemin on peut aller au dispensaire en quelques minutes, à mobylette. Maintenant ici il y a des mobylettes dans chaque ferme. Et chez moi j’en ai 4 ! J’habite au bout du chemin, les voisins au-delà du gué laissent leur mobylette chez moi. Avant on allait au dispensaire en barque, c’est pas tout le monde qui en a une ici. En cas d’urgence ce n’était pas garanti d’en trouver.
Tâm : « Mes enfants ont arrêté l’école à la 6ème. Ils avaient commencé en retard et ne réussissaient pas si bien. Quand on a du travail on en profite, or les enfants, il fallait aller les conduire en barque. Souvent ils ont manqué l’école. Je repense à ça quand je vois les jeunes du voisin qui vont seuls à vélo maintenant. »
Bernard KERVYN, 15/10/2007
Regardez tout ceci en vidéo (3'40"):
http://www.mekongplus.org/mp/video/2007-10-06_cheminsponts_9256.wmv
Coup de pouce? Aider pour un pont: 250 euros. Pour un chemin: 1,2 euro le mètre.
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Tâm, petit paysan

Les villageois font leur pont

Avant et... après

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