Un mythe : la santé est un puits sans fond

Bien sûr les actions santé ne rapportent pas d’intérêts, il n’y a pas de remboursements comme avec le microcrédit. Ce qui importe cependant, c’est le bien-être des gens, pas le portefeuille du programme.

Maladies ou accidents : facteurs de pauvreté

Au Vietnam le réseau des dispensaires est dense et efficace, comme les programmes de prévention. Reste la question de l’hygiène, souvent déplorable. Pour les pauvres, le moindre accident ou maladie peut causer le plongeon dans la grande pauvreté.

Au Cambodge les services sont très en-deçà et la situation est bien pire.

En cas de maladie les diagnostics sont souvent fantaisistes, conduisant à de grosses dépenses inutiles ou dangereuses. Parfois on préfère aller à la ville, quand ce n’est pas le dispensaire qui vous y oblige, surtout pour les très pauvres, qui ne peuvent pas payer. Un aller-retour à la ville peut coûter l’équivalent du budget familial pour le mois –les paysans se font arnaquer dès la descente du bus.

Outre les frais exorbitants qui nécessitent de vendre à bas prix bétail, terrains, voire la maison... un arrêt de travail est la pire catastrophe, les paysans n’ont pas d’assurance, sinon la solidarité des voisins.

Témoignage

Hoa a été abandonnée par son mari et nourrit 3 jeunes enfants. Pas un lopin de terre à elle, il lui reste à se louer comme journalière. Hélas elle souffrait d’asthme, autant dire qu’elle était la dernière à être embauchée ! Hàng, responsable du programme de Dúc linh, l’a accompagnée chez un spécialiste à Saigon : le tout a coûté un dizaine d’euros. Mais Hoa est maintenant capable de travailler dur, et Hàng lui a fait un micro crédit pour élever des cochons.

Aide au diagnostic

Les villageois sont très dépourvus et à la merci des mauvais diagnostics. Certains médecins peu scrupuleux font peur: "Il faut vous opérer tout de suite ou je ne réponds de rien". Souvent les paysans vendent une terre pour une opération pas nécessaire ! Mékong Plus propose un 2ème diagnostic auprès d'un spécilaiste ami en ville

Hygiène et prévention

Dans les villages khmers presque personne n’a de latrines propres. Au Viêtnam, dans certains villages, l’accès à l’eau est difficile, lointain et malpropre. Au Vietnam, après 9 ans de travail à Dúc Linh, 25% des ménages ont des latrines propres, l’hygiène corporelle s’est considérablement améliorée.

Dans le delta du Mékong, « les latrines sont au-dessus de la marre aux poissons pour les nourrir ».  Même si cette pratique est interdite par le gouvernement car les vers sortent de la mare…

latrine2

Partout nous proposons des latrines propres mais modestes (à partir de 26 euros).

latrineAux familles pauvres, nous donnons une prime à l’installation de latrines propres.

Le programme procède par étapes: Accord avec les autorités, production de livres d'exercices adaptés pour les 5 cours prioritaires:

  1. l'hygiène bucco-dentaire, les maladies intestinales, l'infection par les vers, les maladies liées aux moustiques (malaria, dengue), les vaccinations, l'eau propre, gestion des déchets, la valeur nutritionnelle des aliments, l'importance de l'allaitement maternel, la santé des tout petits, que faire en cas de maladie...
  2. Formation des enseignants du primaire: près de 4000 à jour
  3. Enseignement concret, travaux de groupe, jeux, pratique: par exemple chaque semaine toute l'école se brosse les dents dans la cour, ensuite il y a le rinçage au fluor; les enfants sont chargés de la propreté de l'école, des toilettes etc.
  4. 2 fois par an un comité d'évaluation fait une visite surprise: test de connaissances, examen de la propreté des mains, de la plaque dentaire, de la propreté générale de l'école... Quand une école n'a pas de source d'eau, les enfants doivent venir avec une bouteille d'eau... Les meilleures écoles sont récompensées par un co-financement (environ 50% du total) d'améliorations sanitaires: toilettes, puits, réservoir d'eau, aménagement de la cour...

brosse dent2

Les résultats du programme sont excellents: environ 71.000 enfants de 221 écoles couverts chaque année, leur santé s'améliore (le test couvre une dizaine de critères précis), le coût du programme pour Mékong Plus ne cesse de diminuer, car les écoles et les parents d'élève les reprennent à leur charge. Au total, le coût par enfant pour Viêt Nam Plus est inférieur à 1 euro/an.

Il n’y a presque plus de malaria dans les plaines. On imprègne les moustiquaires d’insecticide pour une meilleure protection. Elles sont souvent trouées et on s’y serre à 3, 4 ou 5… plutôt que d’offrir ce service gratuitement comme le gouvernement (du coup il ne peut faire que peu de villages car le produit est très cher), nous faisons payer les ¾ par la population.

lessive

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